rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr Cécile Beaupère introduit de la gravité, de la densité aussi, dans ses œuvres. Les toiles montrent des corps figés, saisis dans leur solitude, dans leur séparation définitive d’avec les autres — même lorsque c’est au couple qu’elles font allusion. À cette gravité thématique, cependant, répond une stupéfiante densité de la matière picturale : la couleur est longuement appliquée, lentement travaillée, progressivement modulée ; l’artiste vient et revient sur sa toile, tandis que les tons montent et s’installent, et que l’œuvre s’enrichit et mûrit. À l’évidence, la manière de peindre ajoute au contenu de la peinture ; elle lui procure un supplément de maturité, d’intensité et d’épaisseur. Toutefois, dans ses monotypes (technique de gravure permettant de varier le rendu de l’œuvre, à chaque épreuve tirée), l’artiste poursuit son inépuisable déclinaison des attitudes et des lumières. Elle poursuit cette énumération sans fin des postures fugitives, générées par la mobilité incessante du corps dans l’espace et dans le temps — cette mobilité même que l’on nomme « la vie ». Jean-Louis Roux
 
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